Naissance du projet

Le Festival « Résonances » est né d’une volonté commune d’étudiants en art de s’exprimer et de s’engager au lendemain des attentats de Paris en novembre 2015. Une expression libre, sans format ni cadre, avec pour seuls outils la créativité individuelle et l’intelligence collective. Dans le contexte social et politique d'aujourd'hui, nous ressentons plus que jamais l’urgence de se rassembler, d’échanger nos idées, de communiquer à travers des projets porteurs d’espoir et d’ouverture.

Par ailleurs, nous avons constaté que les différentes écoles d’art de la ville travaillaient rarement ensemble sur de telles activités communes. C’est pourquoi dès janvier 2016, nous avons discuté entre étudiants de nos moyens d’action et des moyens d’expression alternatifs à l’information en continu. De ces débats a émergé l’envie unanime de fonder un événement culturel autour de ces questions d’actualité.

Nous avons donc lancé un appel à projets auprès de différentes écoles d’art. Soutenu par la SMart, LaVallée et l’INSAS, plus de 40 artistes et collectifs ont répondu à l’appel. La première édition, organisée spontanément avec peu de moyens, fut un grand succès. Sur 2 jours 700 visiteurs, amateurs d’art ou simples curieux, se sont déplacés à LaVallée. Ce festival, qui devait être un moment de partage unique et ponctuel, a rencontré un enthousiasme sincère qui nous a donné très envie de réitérer l'expérience.

DEUXIÈME ÉDITION, 29 ET 30 AVRIL 2017.
ENGAGEMENT.

Deuxième édition

29 et 30 avril 2017

Le but de Résonances est d’organiser une rencontre entre les étudiants des écoles d’arts de Belgique et le grand public pour créer un échange spontané sur des faits d’actualités à travers divers média : projections, courts-métrages, représentations théâtrales, installations, expositions photos et arts plastiques, concerts, ateliers, débats, espace de libre expression, jam participative...

Nous souhaitons montrer le positionnement d’étudiants et de jeunes face à la société actuelle, mais aussi exprimer notre ressenti par rapport au monde qui nous entoure à travers un moyen artistique. Ce n’est pas une organisation militante, c’est un événement fait pour construire une interaction autour de l’art, exprimer et échanger divers points de vues. L’idée est de faire émerger de cette rencontre d’autres projets à fort impact sociétal.

NAISSANCE DU PROJET.
ENGAGEMENT.

Engagement

artistique, éthique, social, économique, écologique

poing-resonances

Résonances n'est fait que par des bénévoles. Personne n'est payé, tout le monde y participe "de bon coeur". Ni les organisateurs ni les artistes ne sont rémunérés, l'entrée est libre et les sandwichs sont à des prix abordables pour tout le monde. Pour cette deuxième édition, nous aimerions ouvrir l’espace à un plus large public (au-delà des étudiants en art). De plus, suite à notre première édition, nous avons conclu que pour respecter nos engagements individuels, nous devions orienter le festival vers une réelle action sociale et écologique.

Ainsi, nous aimerions établir un lien réel entre Résonances et la commune de Molenbeek-Saint-Jean, ses associations et sa population. Notre objectif est d’assurer la mixité des visiteurs lors des deux jours de festival. Nous organiserons les stands de restauration en coopération avec le marché des Tanneurs, la boutique « Bio c'est bon » afin d'assurer une nourriture bio et locale pendant le weekend. Le but est de s’inscrire dans une dynamique qui lutte contre le gaspillage alimentaire et le « bien manger pour pas cher ». Nous ferons tout notre possible pour assurer une démarche zéro déchets, et nous utiliserons des écocups et des serviettes en tissu réutilisables.

Nombre des œuvres exposées appellent à la discussion et la rencontre, nous les accompagnerons donc de débats organisés entre les artistes et le public.

NAISSANCE DU PROJET.
DEUXIÈME ÉDITION, 29 ET 30 AVRIL 2017.

Artistes

Florine Thiebaud

"Mémoire d’exil"

oeuvre Florine Thiebaud

La Mer Égée a été et reste à son insu un lieu d’exil. Nous connaissons l’épopée d’Ulysse qui, étant prisonnier des bras de Pénélope sur une île, rêve de son retour à Ithaque. Au XXème siècle, la mer s’est transformée à nouveau comme barrière naturelle autour des îles sur lesquelles étaient envoyés les prisonniers communistes. De nos jours, les personnes fuyant leurs pays se retrouvent également bloquées sur des îles à l’entrée de l’Europe. Je me suis rendue sur l’île isolée d’Ai Stratis, où à partir de 1929 après la création de la loi 4229 « Idionymo Law » seront déportés des milliers de communistes grecs jusqu’en 1974, année durant laquelle les derniers exilés politiques du 20ème siècle furent libérés. Je suis également partie sur l’ile de Lesbos où se situent un prison et deux camps pour des milliers de réfugiés depuis plusieurs années. Pour ces personnes, le transit se transforme en une attente indéterminée dans des conditions révoltantes. À travers les situations de vie de ces exilés, un malaise identitaire se dessine. L’attente engendre l’ennui. La perte de repères grandit en même temps que l’incertitude du futur. Et l’horizon leur devient de moins en moins clair tandis qu’ils se débattent pour échapper à l’horreur.

Voir notre interview de Florine.


Cannelle Grosse

“Territoires submersibles”

oeuvre Cannelle Grosse

Territoires Submersibles reconstitue une topographie visuelle de la côte belge, s’étirant de Berck (France) à Terneuzen (Pays Bas), recensant les zones sous le niveau de la mer. Le projet de Cannelle Grosse s’articule sur plusieurs dimensions : photographique, militante, informative, scénographique. En sillonnant la côte, elle capture ces lieux en péril pour qu’ils ne disparaissent pas sans avoir été sauvegardés par la photographie. Mais c’est aussi l’occasion d’arpenter un territoire fragile, menacé par l’urbanisation si ce n’est pas l’industrialisation des côtes. Sur le terrain, Cannelle offre une perspective humaine de cet espace qui se place selon elle dans un rapport de classes, dont les classes les plus fragiles sont les plus exposées à la submersion. De cette exploration du paysage, elle compte la déployer de plusieurs façons : une version en ligne, consultable par tous ; et une version d’exposition qui offre un parti-pris visuel poétique dans la disparition progressive des photographies accrochées.

Voir notre interview de Cannelle.


Klingler Bouche

“On voulait une manif’, pas un tour de manège”

Le projet photographique de Fanny Klingler déploie toutes ses dimensions à Résonances. Un travail photographique mené en mars 2016, à l’occasion d’une série de manifestations à Paris contre la loi travail, afin de “donner un visage aux forces de l’ordre”. Une quinzaine de tirage argentiques artisanaux documentent cette entreprise au gré du cortège, accompagnées d’une bande son qui accompagne ce projet. L’argentique s’impose dans ces portraits tirés d’un jour pluvieux, la matière photographique s’applique en filigrane sur ces visages attentifs, et à la fois désoeuvrés, désorientés. Dans la brochure qui accompagne le projet, Charlotte Bouche et Fanny Klingler ont rédigé le récit de cette journée commencée dans les chants et la bonne humeur. Elles illustrent, parfois en dessins, citations, phrases éparses, une reconstitution par petits détails du chavirement du cortège. Pris en étau par les convois de CRS, les gaz noient la foule qui se disperse en petits groupe. Il s’agit dans cette proposition d’explorer les hommes derrière ces boucliers transparents, tenter d’esquisser des portraits de ces immobiles, comprendre leur absence de réaction, traiter au sens large des violences policières.

Voir notre interview de Fanny et Charlotte.


Clémentine Vaultier

“Modern Pompeii”

Le projet de Clémentine Vaultier s’ancre dans un futur hypothétique. Celui d’un nouveau Pompéi, qui dans son souffle de poussière fige notre humanité en vestiges calcinés. Le parallèle avec la céramique va de soi dans cette entreprise d’anticipation dont le postulat est simple : si Pompéi nous a permis d’étudier les mœurs des romains en leurs temps, qu’est-ce que nos vestiges diraient de nous aujourd’hui ? Le projet de Clémentine se décline sous l’angle de l’expérience, d’un « test anachronique » pour vérifier la validité des objets insignifiants, consommables et personnels, produits de notre époque qui subsisteraient au drame. Nous les regardons aujourd’hui, à travers une vitrine pour peut-être mieux nous comprendre, nous du futur...

Voir notre interview de Clémentine.


Mélia Roger

“Les oreilles du peintre”

oeuvre melia roger

Etudiante en son, Mélia Roger propose un traitement sonore aux œuvres d’art. Depuis des formes visuelles, ici les Outrenoirs de Pierre Soulages, elle imagine une bande-son pour les rendre audibles. Bruitages, ambiances et rythme composent ses bandes-son afin de retranscrire à la fois l’impression visuelle et les techniques employées par l’artiste.

Voir notre interview de Mélia.


Clémentine Vaultier

“Modern Pompeii”

Le projet de Clémentine Vaultier s’ancre dans un futur hypothétique. Celui d’un nouveau Pompéi, qui dans son souffle de poussière fige notre humanité en vestiges calcinés. Le parallèle avec la céramique va de soi dans cette entreprise d’anticipation dont le postulat est simple : si Pompéi nous a permis d’étudier les mœurs des romains en leurs temps, qu’est-ce que nos vestiges diraient de nous aujourd’hui ? Le projet de Clémentine se décline sous l’angle de l’expérience, d’un « test anachronique » pour vérifier la validité des objets insignifiants, consommables et personnels, produits de notre époque qui subsisteraient au drame. Nous les regardons aujourd’hui, à travers une vitrine pour peut-être mieux nous comprendre, nous du futur...

Voir notre interview de Clémentine.


Ninon Mazeaud

“Livre Maison des Migrants”

A travers du Livre Maison des Migrants, Ninon Mazeaud nous propose de suivre son journal de bord au sein d’une structure investie par et pour les migrants à Bruxelles. L’introduction confie au travers des phrases masquées d’un texte, un collage d’idées, un déluge de sentiments accumulés tout au long de son épopée, une introduction au journal de bord en forme de texte à trous, remplis de ces mots manquants. « Dense labyrinthe », « collage abstrait », « hyperactive et chaotique », le Livre nous propose un grand collage de photographies, de dessins, retraçant les stigmates et les souvenirs d’un lieu de rencontres, témoins de la vie de la maison.

Voir notre interview de Ninon.


D'autres fiches d'artistes seront prochainement ajoutées !

Florine Thiebaud

L'interview de Résonances


Peux-tu nous raconter la genèse de ce projet, et comment est venue l’idée d’amorcer un travail photographique sur cet exil jusqu’à Lesbos ?

Je suis étudiante en dernière année de photographie à l’école le Septante Cinq à Bruxelles et de Septembre à Mars j’étais en Erasmus à Athènes à l’école des Beaux Arts. Avant de me rendre sur place, je cherchais un sujet de documentaire sur lequel travailler. J’ai découvert le roman L’Épidémie de Andreas Frangias qui parle de l’expérience de l’auteur comme prisonnier sur l’île de Makronissos. En lisant ce roman, j’ai tout de suite réalisé qu’il y avait un lien à faire avec la condition des réfugiés sur les îles grecques. Notamment sur les questions de la mer qui devient un mur infranchissable et dangereux. Les îles qui deviennent des prisons naturelles pour les individus. L’attente de pouvoir en sortir et l’isolement. En me renseignant davantage sur les îles ayant servi de prisons pour les communistes, je m’interrogeai sur ces répétitions d’évènements en Mer Égée (puisqu’ici je me concentre sur deux époques précises mais ce lieu a connu davantage d’exil